L’Interview Actrice


Vanille

Dès notre première rencontre, le courant est tout de suite passé entre Vanille et moi. Ce qui fut d’abord un rendez-vous artistique se transforma rapidement en amitié. Notre premier shoot fut comme le dernier: fun et décontracté. C’est simple, avec Vanille tout est facile, son professionnalisme et son charisme, sa beauté et sa gentillesse me font oublier que l’on travaille. Cette fois-ci le shoot est en parti a, en parti numérique. Les formats carrés 6/6 sont pris avec mon Mamiya C330, un moyen format que j’avais acheté lorsque je vivais en Australie. Prendre des photos avec cet appareil c’est retrouver mon premier amour, ce qui m’a fait aimer et commencer la photo: quelque chose d’authentique et sans chichi.

Comme la première fois le temps nous sourit. Pour ce shoot, j’ai en tête une oeuvre que j’aimerai réaliser pour une expo à venir, c’est la première fois que je shoot pour utiliser une photo comme référence.



– Décris-toi en quelques phrases.

– As-tu toujours souhaité être actrice?

Oui! Petite, je me suis aperçue que je parlais souvent toute seule, que j’avais un besoin d’imiter les autres pour mieux les comprendre…à partir de là j’ai vite compris que soit je devais en faire mon métier, soit il fallait me faire interner!

– Un acteur, un réalisateur, un film culte, une série… a été une déclic ou une source d’inspiration pour toi ? 

Meryl Streep est mon actrice de référence. Elle sait tout faire. Elle se plonge à fond dans tellement d’univers et de personnages différents tout en restant d’une sincérité troublante. Ce que j’aime aussi chez cette femme c’est son sens de l’autodérision et de l’humour. Elle a ce petit côté « paradoxal » que j’adore. Elle est classe et en même temps, elle n’a pas peur de ses salir. Elle a aussi su garder son âme d’enfant. Elle est folle et brillante. Un mélange parfait ! 

– Tu es d’origine suisse, pourquoi Paris ?

L’envie de venir à Paris a commencé lors de mes premiers cours de théâtre à l’école Diggelmann. C’était ma prof de théâtre Laurence Lerel qui m’avait fait part de son parcours. Elle était allée à Paris faire les Cours Florent et j’ai eu envie d’y aller aussi pour voir comment c’était. J’y ai longuement réfléchi et puis je me suis décidée quand je me suis aperçue qu’il était très difficile de trouver des annonces de casting en Suisse. J’avais besoin d’aller me confronter à cette jungle et d’être dans cette dynamique. Mais j’ai toujours autant d’amour pour la Suisse et je retourne là-bas quand on me contacte! J’aime l’idée de ne pas avoir de frontière et de pouvoir travailler sans limite. C’est aussi pour ça que j’aime ce métier. 

– Ta vie parisienne est-elle celle que tu avais imaginé ?

Je n’étais pas venue à Paris avec un type de vie en tête mais plus avec mon objectif en ligne de mire. Je n’arrivais pas à m’imaginer profiter de la ville parce que je ne venais pas ici dans ce but. Je ne savais pas à quoi m’attendre donc c’était difficile pour moi de me projeter surtout quand on vient pour travailler dans un milieu instable.

– Cette instabilité te stresse-t-elle ?

Oui, bien évidemment ! C’est éprouvant de ne pas toujours savoir où l’on va. Parfois j’aime cette idée que tout peut arriver mais un peu de stabilité par moment ça fait du bien. J’ai beau avoir fait toutes les pharmacies de Paris ils ne vendent pas « stabilité en tablette ».

– Quelles qualités faut-il posséder pour réussir dans ce métier ?

Celles que l’on possède déjà. Il n’y a pas de mode d’emploi à suivre. On est choisi pour ce que l’on est.

– Penses-tu la confiance en soi est essentielle ou que c’est le travail de toute une vie, l’acceptation de qui on est, l’absence de contrôle de ce qu’on donne à voir ?

– Quel est ton lieu de de prédilection dans la capitale ? (Un lieu où tu vas avec des amis ou un lieu de ressourcement. )

Mon quartier, Montmartre ! C’est comme un petit village, ici les gens se sentent livre de s’exprimer artistiquement et il a une énergie dynamique et positive. Cet endroit a un charme fou.

– Sur quels projets travailles-tu actuellement ?

Je travaille sur une pièce de théâtre que je vais jouer dès le mois de novembre. Elle s’appelle « Une fille pour deux » et j’ai le plaisir de jouer avec mes amis Benjamin Baffie et Jérémie Duvall (tous deux auteurs de la pièce). J’ai aussi quelques projets de clips et de courts métrages mais je n’aime pas en parler tant que ce n’est pas fait. 

– Travailles-tu uniquement sur des projets rémunérés ou acceptes-tu également des collaborations ?

Ça dépend. J’accepte de moins en moins les projets non rémunérés mais il m’arrive d’accepter des projets non payés s’ils sont proposé à une période où je peux me le permettre ou non. Ça dépend du projet, et du contexte. Il y a certaines personnes avec lesquelles j’ai déjà travaillé que je suivrai les yeux fermés, parce que j’ai envie de défendre leurs univers et parce qu’il faut pouvoir trouver des gens d’accord de porter un projet dans ses débuts. C’est aussi comme ça qu’on trouve sa petite famille dans le cinéma. J’aime l’état d’esprit d’équipe. 

– Quel est le projet le plus improbable sur lequel tu as bossé ?

J’ai eu la chance de travailler sur la comédie musicale «LOUVE» ; comédie musicale qui était d’abord une pièce de théâtre écrite par Florence Lavie et qui a été adapté au cinéma par le réalisateur Oscar Berthe.  C’était improbable que je me retrouve sur ce projet car je n’avais ni formation de danse ni formation de chant. On a travaillé avec une super chorégraphe (Florence Lavie) et pour la voix, avec le compositeur des musiques directement (Cyril Giroux). Les paroles, quant à elles, ont été écrites par Éric Chantelauze. J’ai toujours eu des envies de challenge, de passer d’un univers à l’autre et de me former sur le tas et ce fut l’occasion.


– Quelles sont, selon toi, les difficultés du métier d’acteur ?

Ce qui est très difficile c’est de garder la foi lors des périodes creuses. Il n’y a rien de plus frustrant que d’avoir une envie brûlante de travailler quand on a pas de projet sur lequel se donner. Mais ça fait partie intégrante du métier. Il faut apprendre à être patient ce que j’ai encore du mal à faire. Ce qui es aussi compliqué, c’est d’accepter l’image que les gens vont se créer de nous sans prendre le temps de nous connaître. Ça parait superficiel à dire, mais ce n’est pas évident d’avoir la sensation qu’on va être résumé à une impression sans avoir eu le temps de vraiment faire connaissance. 

– Penses-tu que le fait d’être une femme puisse être un avantage ?

C’est comme pour tout, il y a des atouts et des inconvénients. Mais c’est vrai qu’être une femme dans ce milieu, ce n’est pas toujours évident. Il y a beaucoup d’hommes qui travaillent dans ce domaine et il y a forcément une notion de séduction. Tout comme les peintres, les réalisateurs vont choisir leur muse autour de laquelle ils vont pouvoir rêver un personnage. Seulement, parfois c’est difficile de savoir où sont les limites, de comprendre quand la personne a un intérêt professionnel et humain ou quand elle a un intérêt juste personnel. 

– Avec quel réalisateur rêverais-tu de tourner ?

– Si un rôle devait être écrit sur mesure pour toi quel serait-il ?

J’adorerais jouer un rôle de femme forte. En fait, je suis attirée par beaucoup de genres et de rôles différents, mais j’aime quand il y a une vraie notion de challenge ( préparation physique en amont, formation dans un domaine spécifique, coaching etc). Je rêverais de me métamorphoser. J’aime regarder un film et de ne pas reconnaître le comédien tout de suite! J’adore l’idée de la métamorphose et d’aller au bout des choses. Mes goûts sont divers et variés, j’aime tout…et surtout ne pas avoir de limite. En fait, répondre à cette question me « frustre » car j’ai envie de tout faire ! 

– Quel conseil voudrais-tu donner à des jeunes actrices en devenir qui rêvent de faire carrière dans le cinéma?

Je ne pense pas qu’il y ait de conseils « remèdes » ! Il n’y a pas de schéma type à suivre. Chacun a sa propre histoire et son propre parcours. C’est ce qui fait la dureté mais aussi la beauté de ce métier. Tout peut arriver mais rien n’est assuré. Le seul conseil que je pourrais donner serait de ne jamais perdre le cap et de sortir de sa zone de confort pour multiplier ses chances. Ce qui est aussi important à mes yeux, c’est de faire attention à garder son authenticité et de la cultiver. On peut facilement tomber dans le piège de se dénaturer pour plaire mais il faut faire attention à ne pas se perdre. Donc je pourrais dire qu’il faudrait rencontrer des gens, s’entourer de personnes qui nous correspondent pour travailler ensemble et aussi apprendre à savoir qui on est. Mais qui je suis pour dire ce qu’il faut faire?

-Une fille qui fait son bout de chemin, qui est déjà quelque part et qui veut aller plus loin. D’ailleurs, où t’imagines tu dans 10 ans?

J’ai du mal à me projeter parce que dans la vie, on ne peut pas tout maîtriser. Surtout dans ce milieu. Mais pour moi l’idéal serait d’enchaîner les tournages sans répit, d’être au cinéma et d’être dans des projets à challenge.

– Quel livre de chevet recommanderais-tu à un(e) acteur/actrice en devenir

– Pour finir cette interview je te propose de te poser à toi même la question que tu aurais aimé que je te pose


 

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Photos de nos premières séances en 2016 et 2018


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